les lecteurs réguliers de ce blog savent que je suis architecte dit libéral et indépendant et que, comme tout le monde, je suis frappé par la crise économique. En fait, je ne suis pas encore directement touché mais ce sont les entreprises avec lesquelles je travaille qui sont en train de disparaître. Je reçois de plus en plus souvent, plusieurs fois par jour, des appels téléphoniques d'entreprises qui cherchent des chantiers. Je n'en ai pas mais plutôt que de leur répondre que je n'en ai pas, je leur demande de me rappeler lorsqu'elles pourront me proposer des produits 100 % corses car le jour ou les clients reviendront, il faudra être capable de proposer des projets durables, donc 100 % local, pour décrocher réellement ces futurs marchés. Le défi est considérable car à l'exception de la pierre locale, très belle par ailleurs, la Corse ne produit aucun matériaux de construction. Pour réussir dans cette voie, il faudrait construire comme nos ancêtres des maison en pierres sèches, avec des charpentes en châtaigner un peu tordu et des tuiles en terre séchée moulée à la main (c'est à dire sur la cuisse...). Les fenêtres devraient être en laine huilée (pour laisser un peu de luminosité), le chauffage par de grandes cheminée ouvertes, etc. Ces chantiers devraient être réalisés quasi bénévolement, nourri-logé, sur la base du troc, avec la participation active du client et de sa famille. Je pense que l'évolution de la situation nous obligera à travailler de cette manière mais je suis incapable de prévoir dans combien de temps... Au rythme ou disparaissent les entreprises, cela ne devrait pas prendre des années.
lundi 10 octobre 2011
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